Le réveil sonne, on se lave, s'habille, on part pour l'école. Le temps d'arriver au bout de la rue qu'on se rend compte qu'on a oublié de se regarder dans la glace avant de partir. Alors, on retourne chez sois, tant pis pour'l retard. Quand on arrive, enfin, suintant à « l'abattoir », on se regarde encore dans la glace en se disant « Wawou, tu sais qu'T belle toi !? » même si on ne l'est pas. Au diable Narcisse.
A chaque cours, le même rituel, une minute qui passe est une minute de moins avant la délivrance, la fin de l'ennui.
C'est la récré, on descend ; on fume une clope, on fait la bise à X, Y et Z et on discute de la cuite qu'on s'est pris la semaine dernière espérant finir encore plus mal ce week-end, quand on ira tous aux Planches samedi soir.
On retourne en cours, le prof nous fait chier ; on en peut plus ; on étouffe. On a envie d'aller fumer et on le fait savoir. On fout rien, on n'écoute pas, on a quand même de bonnes notes, ou pas : ça dépend de la dose d'alcool qu'on avait dans le sang le jour du contrôle.
C'est l'heure d'aller manger, on n'a pas faim, on n'a pas soif alors on fume et on boit. Un joint et un verre de vodka, le menu favori.
On retourne en cours, mort, déchiré, défoncé : pas grave, tout le monde s'en fou. On rigole pour un rien, on dit de la merde, on vacille et on tombe.
Avec un peu de chance on ne finit pas à l'hôpital, maman vient nous chercher, nous dis qu'elle se fait du souci et demande ce qu'elle pourrait faire pour nous faire arrêter nos conneries. On lui répond : « Rien ». Elle nous regarde avec peine et inquiétude et nous, on s'en fou. Elle pleure, on s'en fou, elle meurt, on s'en fou.
Le soir, on va se coucher on pense à demain. Demain sera pareil.
C'est pas moi, c'est vous.
A.

